chateau medieval
notes
 
 

Le colombier

Au Moyen Âge, les pigeons sont précieux pour la nourriture des maîtres des lieux et pour l’envoi de messages. L’existence d’un colombier est mentionnée à Oricourt, pour la première fois, en 1423. Il était déjà situé à l’extérieur de l’enceinte, dans le courtil en contrebas du talus nord.

Après les guerres du XVIIe siècle, vers 1680, Claude François de Cordemoy fait construire, à quelques dizaines de mètres de l’entrée du château, un nouveau et vaste pigeonnier circulaire, au toit couvert de laves. Il aurait pu contenir jusqu’à 800 nids. Il s’agit de ce que l’on appelait, avant la Révolution, un colombier à pied, c’est-à-dire isolé, dans lequel on entre de plain-pied, avec une échelle tournante. Seul, un seigneur territorial avait le droit de faire édifier une telle fuie. Les volatiles allaient chercher leur nourriture dans les champs environnants, au grand dam des paysans. Vers 1730, le colombier contient 250 pigeons adultes et une centaine de jeunes. Bien entretenu, c’est une source appréciable de revenus.

Usage

À l’extérieur et à mi-hauteur des murs, une ceinture avait pour fonction d’empêcher l’intrusion des nuisibles par les issues réservées aux pigeons. Ces deux ouvertures, orientées à l’est et au sud-est, protégées des vents dominants, sont les seules sources d’éclairage de ce bâtiment, dont la toiture a été restaurée en 1984.

intérieur du colombier
intérieur du colombier - chateau fort d’Oricourt (haute saone)

L’échelle tournante, reconstruite au printemps 2007

Jean-Pierre Cornevaux, 2008

À l’intérieur, la charpente à double enrayure restaurée en 1984 et les nids en torchis. L’échelle tournante a été reconstruite au printemps 2007.

plan de coupe du colombier
plan de coupe du colombier - chateau fort d’Oricourt (haute saone)

Jean-Pierre Cornevaux, vers 1990

Coupe montrant le fonctionnement d’un colombier à pied, inspirée d’un dessin d’Eugène Viollet-le-Duc

À l’intérieur, il possède encore une grande partie de ses nids de torchis, boulins, alvéoles formées par un treillis de fascines enrobées de terre glaise. Sur le décrochement de maçonnerie, un plancher percé d’une trappe séparait l’espace de vie des oiseaux d’un local de service, au rez-de-chaussée. Du grain est entreposé dans cette pièce pour nourrir les pigeons, enfermés pendant les périodes de semailles ou de récoltes. Fouines, rats et serpents ne peuvent pénétrer dans la partie haute. Sur le parquet, il est facile de récupérer la fiente, engrais très prisé à cette époque, pour les cultures voisines.

Pour la communication, quelques pigeons sont élevés à proximité du logis. En quittant le château pour un voyage, on emporte avec soi un oiseau ayant des petits et, en cas de besoin, il est lâché et revient très vite vers ses oisillons, avec son message.

liens associés

 Bulletin n°10 • page 2 • Colombier et féodalité